CSAC : un renouveau pour la presse congolaise ?

Posté par mediatic le 17 novembre 2008

Les députés ont examiné et adopté, le mercredi 12 novembre, la proposition de loi portant composition, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de
la Communication. Cette loi, qui comporte 70 articles, note, dans son exposé des motifs, que le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) remplace
la Haute autorité des médias, instituée pour réguler l’espace médiatique pendant la période de transition post-dialogue inter congolais. 

Aux termes de l’article 212 de ce projet de loi, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication est chargé de garantir et d’assurer la liberté de la presse ainsi que tous les moyens de communication des masses dans le respect de la loi ; veiller au respect de la déontologie en matière d’information et de veiller à l’accès équitable des partis politiques, des associations et citoyens aux moyens officiels d’information et de communication. 

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication est composé de quinze membres formant l’Assemblée plénière dont cinq membres du bureau élus par leurs pairs et nommés par ordonnance présidentielle. Il comporte cinq organes: l’assemblée plénière, le bureau, les commissions, les services techniques spécialisés et les coordinations provinciales. 

Ainsi, la philosophie profonde que sous-tend cette loi est de donner à l’instance de régulation chargée d’assurer la neutralité et l’impartialité des médias publics et de veiller au professionnalisme des médias privés des prérogatives suffisantes pour augmenter sa capacité de dissuasion, son pouvoir de se faire obéir par les opérateurs des médias et sa capacité d’exécuter ou de faire exécuter ses décisions. 

Parmi les innovations que comporte cette loi, il y a la délivrance des autorisations d’émettre aux impétrants qui oeuvreront dans le secteur privé, la cogestion des fréquences radio et télévision avec le gouvernement ainsi que la proposition à la nomination des mandataires de l’Etat dans les entreprises de presse officielle. 

 

Une loi de plus? 

 

L’adoption de la loi sur le CSAC a de quoi réjouir aussi bien les professionnels des médias que les consommateurs, le commun des Congolais qui n’en peuvent plus face à la médiocrité de l’offre médiatique disponible actuellement. 

Les perspectives paraissent en effet très prometteuses. D’après le projet de loi, qui doit passer par le Sénat pour seconde lecture, le CSAC a aussi pour mission de « veiller à la conformité des productions des radios, des télévisions, de la presse écrite et des médias en ligne aux lois de
la République et à l’éthique »; « veiller au respect de la loi fixant les modalités de l’exercice de la liberté de presse; « veiller au développement économique et technique ainsi qu’à l’accès des médias congolais aux nouvelles technologies de l’information et de la communication »; « veiller à la qualité des productions du secteur tant public que privé »; « conseiller le gouvernement par des avis techniques a priori et/ou a posteriori sur toutes les matières concernant les médias audiovisuels », « s’assurer du respect du cahier des charges par les opérateurs de l’audiovisuel », « veiller à la diffusion dans les médias des cultures de la paix, de la démocratie, et des informations favorisant le développement socio-économique »; « oeuvrer pour la production des émissions, des programmes, des documentaires éducatifs et d’articles de Journaux qui respectent les valeurs humaines, notamment la dignité de la femme, de la jeunesse, des personnes âgées et celles défavorisées ou vivant avec handicap »
… La liste des missions est encore si longue et répond fidèlement aux attentes tant de fois formulées par les consommateurs et les professionnels des médias congolais. On croirait rêver. 

 

Leçons du passé 

  

Pour certains, cela paraît trop beau pour être vrai. En effet, il ne s’agit pas de la première loi adoptée en la matière. Il existe déjà la loi sur la presse de 1996 et dont on attend toujours les effets sur le fonctionnement de la presse en RDC. Comme ce nouveau projet de loi sur le CSAC, la loi de 1996 organise en de termes clairs l’exercice de la profession. Mais le bilan de ses douze ans d’existence est très peu reluisant. Et cela pour une simple raison. Ce n’est pas tant le texte qui fait défaut mais son application. Voilà douze ans, par exemple, que les acteurs du secteur évoluent comme si ce texte n’existait pas. L’aide publique à la presse n’a jamais été accordée aux entreprises du secteur. Celles-ci naissent, fonctionnent et même disparaissent dans l’ignorance totale des prescrits de la loi qui doit normalement les régir… 

Dès lors, une seule question mérite d’être posée : quelle garantie que cette nouvelle loi, après son adoption, sera effectivement appliquée ? Il revient aux législateurs d’y veiller, autant qu’aux instances de
la République chargées du respect des lois, aux professionnels des médias qui sont les bénéficiaires directs de cette loi et, au bout de la chaîne, au citoyen congolais de chaque jour qui est consommateur des médias et qui doit être conscient que la liberté de la presse est une des garanties de la survie de la démocratie en République Démocratique du Congo. 

 

 

Publié dans Actu des médias | Pas de Commentaire »

Un journal-école pour les étudiants journalistes de Kinshasa

Posté par mediatic le 11 novembre 2008

Signature protocole JDC C’est quoi un journal-école ? Cela peut se définir comme une publication dans laquelle prestent des étudiants en journalisme, dans des conditions professionnelles et qui est mise à la disposition du public. C’est donc ce journal-école dont la première édition a été lancée le mardi 11 novembre 2008 dans la salle Brel du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Initié par l’Institut Panos-Paris/RDC, le projet -  dans son actuelle version – bénéficie du soutien de la coopération franco-britannique et sera exécuté par l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de
la Communication (IFASIC).

De quoi s’agit-il exactement ? De mettre en place un support écrit à travers lequel les étudiants en journalisme de l’IFASIC trouveront des conditions d’encadrement qui les préparent à leur vie professionnelle future. « Le journal-école a pour objectif, entre autres, de générer un bon vivier de jeunes journalistes de presse écrite capables d’être directement opérationnels dans les rédactions après leur sortie d’université », a expliqué Mme Aziza Bangwene, représentante de l’Institut Panos-Paris/RDC, à l’origine du projet.

« Ouf ! », seront tentés de dire nombre de lecteurs des journaux de Kinshasa qui ne savent plus vers quelle publication se tourner pour lire des articles de qualité. « En tout cas, de toute apparence, notre espace médiatique donne l’air d’avoir été converti en espace de libertinage. Des journaux sans siège, je suis tenté de dire ‘sans domicile fixe’, naissent un matin et disparaissent un soir. La presse est décriée par l’élite nationale », déplorait il y a quelques mois le ministre de
la Communication et Médias de l’époque, Emile Bongeli.

Il s’agit là d’une interpellation pour l’IFASIC, principale institution de formation des journalistes en RDC. Il est vrai que le journalisme est, dans ce pays, un métier ouvert et que bon nombre de professionnels l’exercent sans avoir de « formation appropriée ». Mais, il vaut mieux que ceux qui ont le diplôme adapté fassent la différence.

C’est le défi que le journal-école appelle l’IFASIC à relever.

Publié dans Actu des médias | 1 Commentaire »

Rebondissement dans l’affaire Molière TV contre TVS1

Posté par mediatic le 25 septembre 2008

Les téléspectateurs de Kinshasa ont été surpris de recevoir de nouveau le signal de Molière TV après cinq mois d’interruption. Renseignement pris, la chaîne a repris ses droits à l’issue d’une procédure judiciaire qui lui restitue la fréquence 63 par laquelle émettait jusqu’ici – depuis le mois de mai 2008 – la chaîne TVS1. Cette décision judiciaire constitue un énième rebondissement dans une affaire qui en a connu et qui, assurément, en connaîtra d’autres, les responsables de TVS1 étant déterminés à ne pas baisser les bras. La guerre des fréquences n’est donc pas terminée. 

Pour vous rafraîchir la mémoire sur ce dossier, voici un condensé d’un article publié par Medi@tic dans son édition de juin dernier. 

 

La chaîne Molière TV a été suspendue d’émission par la haute autorité des médias en date du 25 mai 2008. A sa charge, « le manque criant de professionnalisme dans le traitement de l’information », « la diffusion des images et des sons portant atteinte à la pudeur et chargés d’une campagne d’incitation à la haine et au meurtre ». A la fin de la suspension, il découvre que la fréquence par laquelle il émettait a été attribuée à une autre chaîne, TVS1.   

C’est là que débute une bataille juridico-médiatique qui va mettre en lumière les incohérences au sein même des institutions chargées de gérer le secteur des télécommunications. 

 

Conflit de compétence 

 

A l’analyse, peut-on ainsi lire dans le numéro 01 de Medi@tic, il y a lieu de relever que s’il y a une plainte à formuler, c’est celle relative au cafouillage auquel se sont livrés les services de l’Etat. L’unité de commandement dans le secteur n’aurait jamais occasionné ce genre de travers. En attribuant concurremment les fréquences, le ministère des PTT et l’ARPTC sont les vrais responsables de cette confusion. « Point n’est besoin de rappeler ici les dispositions légales qui confèrent à l’ARPTC le pouvoir d’assigner les fréquences nécessaires au fonctionnement des stations de la télédiffusion et de la radiodiffusion », fait d’ailleurs remarquer fort à propos le président de cette instance de régulation à la Secrétaire générale des PTT dans sa correspondance du 09 mai 2008. Ce conflit de compétence a aussi été stigmatisé par le rapport de la commission d’enquête du Sénat sur le secteur des télécommunications. 

La question qui se pose dès lors est celle de savoir s’il est normal que les usagers fassent les frais d’un conflit qui, pourtant, doit avoir été clairement réglé à travers les textes qui définissent les attributions aussi bien du ministère des PTT que de l’ARPTC. Quelle est l’autorité habilitée à décanter cette situation? La question mérite d’être posée dès lors que les pouvoirs publics,  qui ont la responsabilité de veiller à une application impartiale de la loi, semblent avouer leur impuissance

 

Il reste à présent à savoir quelles nouvelles surprises ce dossier nous réserve.   

Publié dans Actu des médias | Pas de Commentaire »

Fermeture de cinq chaînes de télévision émettant à Kinshasa

Posté par mediatic le 10 septembre 2008

Le ministre de la Communication et des Médias, Emile Bongeli vient de décider, par arrêter ministériel, de l’interdiction de diffusion pour cinq chaînes de télévision et deux stations de radio émettant à Kinshasa. Sont concernées par cette mesure, pour les télévisions: Africa TV, Canal 5, RLTV, Couleurs TV et BRT Africa. Et pour les radios : Africa FM et BRT FM. 

La raison de cette mesure ? « Le délai accordé aux entreprises privées concernées de se conformer au prescrit de l’article 57 de la loi n°96-002 du 22 juin 1996 n’a pas été respecté », peut-on lire dans le texte de l’arrêté diffusé à ce propos. Que dit au fait ce fameux article ? 

Article 57 : Sans préjudice des dispositions générales et particulières applicables aux entreprises privées, toute entreprise de presse du secteur audiovisuel introduit, au préalable, auprès du membre du Gouvernement et du collège Exécutif provincial ayant l’information et la presse dans ses attributions une déclaration comportant : 

a)        le numéro du nouveau registre de commerce en cas d’une radio ou d’une télévision à caractère commercial ; 

b)        la dénomination de la ou des stations ; 

c)         le nom, la date de naissance et l’adresse du propriétaire et du directeur des programmes ; 

d)        l’indication du siège principal de l’entreprise et  l’adresse des stations secondaires, s’il y en a ; 

e)        le certificat de nationalité du directeur des programmes ou du chef de l’entreprise ; 

f)          un extrait du casier judiciaire du propriétaire, du directeur des programmes ou du chef d’entreprise ; 

g)        un certificat de bonne conduite, vie et mœurs de l’un des précités ; 

h)        une licence de détention, installation et exploitation délivrée par le Ministère des PTT ; 

i)          Un exemplaire des statuts de la société ou de l’association, préalablement notariés si l’entreprise audiovisuelle est exploitée par une société ou une association; 

j)          La grille et les programmes conformes au cahier de charges édicté par le Gouvernement sur proposition de la structure légale devant assurer la tutelle des médias publics. 

La déclaration dont question ci-dessus, doit être conjointement et dûment signée par la propriétaire ou le chef de l’entreprise et le directeur de s programmes. 

Ces mesures d’interdiction ne sont donc liées qu’à des raisons de forme. Ce n’est pas encore le grand chambardement que le ministre Bongeli annonce depuis un bout de temps et que l’opinion attend avec impatience. Il est en effet clair qu’il faut remettre de l’ordre dans la boutique des médias congolais. A quand le grand nettoyage ? 

  

 

 

Publié dans Actu des médias | Pas de Commentaire »

123
 

blogbladi |
sofianelebossdu0120041995 |
LA GUILDE DES RIRES |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rachida & Houria Hammadi
| magali10
| boumerdes