Bientôt une révolution à la RTNC

Posté par mediatic le 19 février 2010

la tour de la RTNC

C’est en tout cas ce qui ressort de l’interview que le ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende Omalanga a accordée au journal Congo News. « Etant donné que les ondes ont été ouvertes aux privés et que nous ne pouvons pas laisser l’audiovisuel public se suicider face à des entreprises de médias extrêmement dynamiques qui sont aujourd’hui en concurrence avec lui, j’ai entrepris de mettre en place un système de travail visant à ce que les responsables de l’audiovisuel public congolais se rapprochent davantage des attentes du public et des méthodologies qui sont en vigueur dans ce secteur », explique le ministre.

En clair, des changements profonds vont intervenir dans la manière de travailler de la chaîne publique. Ils pourraient commencer par le journal télévisé qui, aujourd’hui, n’est qu’une suite de comptes-rendus des activités des officiels et ou la voix du Congolais ordinaire a peu de chances d’être entendu. Et qui démarre, obligatoirement, par les activités du Président de la République, suivies de celles des présidents des deux chambres de parlement, etc. Même s’il ne s’agit que d’activités protocolaires qui n’ont rien à voir avec les préoccupations quotidiennes des Congolais.

Pourquoi les choses ne changement-elles pas alors que le ministre a déjà donné, à plusieurs reprises, des injonctions dans ce sens ? « Je pense qu’il s’agit d’une sorte de force d’inertie, répond Lambert Mende. Des gens qui se sont immergés dans des anciennes habitudes. Il faut, soit leur donner le temps de s’habituer à travailler autrement, soit prendre le temps d’utiliser les mécanismes institutionnels, quitte à les mettre de coté pour que des gens qui croient à la nouvelle vision du gouvernement et du Chef de l’Etat par rapport à l’audiovisuel public puissent prendre les choses en main ».

Alors, un nouveau printemps à la RTNC ? Rien n’est plus sûr. Nombreux sont ceux à qui ce système profite. Essayez d’expliquer aux délégués de la presse présidentielle qu’ils ne peuvent pas lire dans le corps du journal une ordonnance présidentielle qui prendra cinq minutes, avec tous les « attendus »…  Mende réussira-t-il aussi à réformer rapidement des journalistes qui attendent que l’information vienne les chercher au bureau ? Et qui redoutent de se retrouver au chômage si tel ou tel chef n’a pas été content d’un reportage diffusé ? Saura-t-il aussi faire accepter, comme il le dit, que la RTNC devienne réellement un service public au service de tous les Congolais, même ceux de l’opposition ? Reste à voir.

Je pense, malgré tout, qu’il faudrait prendre le ministre au mot. Les patriotes, les intellectuels, les associations de protection des droits de l’homme, le Congolais ordinaire qui se plaint toujours de la qualité de ce que lui offre la chaîne nationale – qui appartient à tous les Congolais – devraient tous s’engager dans cette brèche ouverte afin que, demain, la RTNC redevienne réellement « une église au milieu du village » et au service de tous les Congolais. Nous nous rappelons encore les premiers jours de l’arrivée d’Etienne Tshisekedi à la primature en 1992, lorsque aucun Congolais ne se permettait de rater le journal de l’OZRT qui venait nouvellement de retrouver sa liberté de ton après la chape de plomb de la 2ème république. Une liberté qui n’avait duré que l’espace d’un matin.    

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