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Cinq ans après l’introduction de l’informatique à l’école: bilan négatif

Posté par mediatic le 30 avril 2009

Elèves congolais

La République Démocratique du Congo célèbre le 30 avril de chaque année la journée nationale de l’enseignement. Plutôt que de revenir sur les préoccupations ressassées chaque année sur la baisse du niveau de l’enseignement et ses causes, faisons le bilan de l’introduction de l’enseignement de l’informatique dans les programmes scolaires. Il y a en effet cinq ans que le ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (EPSP) de l’époque, Constant Ndom Nda Ombel décidait d’introduire le cours d’informatique dans le programme enseignés à l’école secondaire. Une mesure applaudie des deux mains par toute la communauté qui rappelait que « les analphabètes du 21ème siècle seront ceux qui ne parlent anglais et ne pratiquent l’informatique ».

Cinq ans plus tard, qu’en est-il de ce que  certains ont salué comme une révolution dans notre système éducatif. A en croire M. Tino Musi, responsable d’un réseau d’école affiliées à l’Eglise du Christ au Congo, aucun progrès n’a été enregistré. Il n’existe pas de programme officiel pour dispenser le cours d’informatique, ce qui fait que les enseignants se débrouillent chacun à sa manière pour produire un programme. Plus grave, 90% des écoles qui enseignent les cours d’informatique ne disposent pas d’équipements pour ce faire. « Nous n’avons que trois ordinateurs en état de fonctionner pour plus de 600 élèves. Je ne donne donc mon cours que de manière théorique, en expliquant au tableau », regrette un professeur d’informatique dans une école pourtant réputée de l’Est de Kinshasa. Pour nous faire comprendre le dénuement dans lequel l’école se trouve, il nous amène dans la salle qui abrite l’équipement informatique. C’est une sorte de débarras ouvert à la poussière dans lequel sont entreposés de vieux ordinateurs Pentium 1 en panne. Difficile d’imaginer que l’on puisse procéder, dans un tel lieu, à l’initiation d’une science qui conditionne la marche du monde d’aujourd’hui.

Dans un article publié dans une de ses éditions de l’année dernière, Medi@tic a parlé d’une « école à trois vitesses ». (Ceux qui le souhaitent peuvent obtenir cet article en version PDF). Il apparaît, au regard de cette réalité qui concerne du reste la majorité des écoles du pays, que la révolution informatique n’est pas pour demain en République Démocratique du Congo. En d’autres termes, si on doit se référer aux perspectives tracées par François Ossama dans « Les nouvelles technologies de l’information. Enjeux pour l’Afrique subsaharienne » (Ed. L’Harmattan), la RDC ne saura pas effectuer son passage à  cette nouvelle société fondée sur l’immatériel, sur le savoir.

Les millions d’élèves congolais qui étudient dans ces écoles dépourvues des moyens pour les former, constitueront des cadres et une main d’oeuvre inadaptés aux besoins de cette nécessaire transition vers les économies du savoir. N’ayant pas pu intégrer de manière efficiente les technologies de l’information et de la communication dans sa plate-forme de développement dans un contexte mondial très évolutif et de plus en plus complexe, la RDC court le risque de l’économie mondiale, des échanges culturels. Avec comme conséquence qu’elle restera davantage pauvre.

Pourquoi s’évertuer à peindre un tableau aussi apocalyptique, au lieu de donner des perspectives plus optimistes. Voilà la critique que certains vont formuler. En oubliant que les réalités sont ce qu’elles sont. Et que si les décideurs congolais – et la communauté dans son ensemble – ne se secouent pas pour rattraper le temps perdu, nous nous réveillerons juste pour regretter toutes les occasions perdues. Comme nous le faisons actuellement quand nous rappelons que la RDC était la colonie la plus développée de l’Afrique noire, qu’elle avait le même niveau de développement que la Corée du Sud, l’Afrique du Sud et le Canada. N’attendons donc pas qu’il soit trop tard. A ceux qui ont des responsabilités dans ce domaine de les assumer. C’est aux résultats qu’ils seront jugés, non aux intentions exprimées. 

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