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Quatre journalistes congolais assassinés en quatre ans

Posté par mediatic le 24 novembre 2008

  

Chaque fois, on se dit : « c’est l’assassinat de trop ». Malheureusement, il vient toujours d’autres cas après. Il y a eu Franck Ngyke dans la nuit du 02 au 03 novembre 2005. Puis Bapuwa Mwamba dans la nuit du 7 au 8 juillet 2006. Serge Maheshe a suivi le 13 juin 2007. Avant qu’un autre journaliste de Radio Okapi, Didace Namujimbo, ne subisse le même triste sort le vendredi 21 novembre 2008. Comme si, chaque année, la corporation des journalistes doit payer un tribut humain. 

Et à qui ces hommes des médias payent-ils ce tribut ? Nul ne sait. Aucun de ces assassinats n’a été clairement élucidé depuis celui de 2005. « Justice, où es-tu ? », se demande ainsi avec raison un journal de Kinshasa qui remarque que « la justice généralement prompte à traquer les journalistes, est incapable de contribuer à la manifestation de la vérité ». Ainsi, on ne sait toujours pas clairement à ce jour pourquoi Ngyke, Bapuwa, et Maheshe sont morts. Le saura-t-on pour ce qui est de Namujimbo ? Difficile de répondre. 

L’enquête sur la bonne voie 

Le général Gaston Lunzembo, inspecteur provincial de la police/Sud-Kivu, l’a déclaré à Radio Okapi – la radio qui employait Didace Namujimbo – un jour après le crime. « Selon les investigations en cours et les quelques témoins entendus, il est démontré que la victime a été ciblé, et que les assaillants le connaissaient parfaitement bien. Comme l’enquête est encore préliminaire, à notre niveau, nous gardons le secret. Laissons le temps aux enquêteurs d’approfondir leurs enquêtes. Et le reste, le moment venu, on vous dira de quoi il s’agit. Comme il y a la collaboration parfaite avec la Monuc, nous voulons aussi demander à la population de collaborer avec la police. Car, sans collaboration, il sera difficile de découvrir les assaillants. Donc, nous sommes sur la bonne voie. », assure-t-il. 

De son coté, le Gouvernement déclare, par la bouche du ministre de la Communication et des Médias, que « des dispositions sont dores et déjà prises par les autorités judiciaires pour que ce crime crapuleux ne reste pas impuni et que ses auteurs soient retrouvés et châtiés conformément à la loi ». Dont acte. Dans l’entre-temps, une veuve et trois orphelins – sans oublier le reste de la famille et la communauté – ont définitivement perdu un être cher. Et la liberté de la presse a subi un coup dont la République n’a pas vraiment besoin en ce moment où elle doit asseoir son système politique.  »Chaque fois que j’entends ce genre de triste nouvelle, j’en suis toute secouée parce que je me dis que, demain, ça pourrait être le tour de mon mari », avoue l’épouse d’un journaliste avant d’ajouter: « Pourvu que ça cesse ». 

« Assez », criaient les journalistes de Kinshasa lors d’une marche de colère l’année dernière à la suite de l’assassinat de Serge Maheshe. Visiblement, ils n’ont pas été entendus.   

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Médias et liberté d’expression : le signal de Raga TV coupé depuis mercredi soir

Posté par mediatic le 20 novembre 2008

Raga TV, une chaîne de télévision privée émettant à Kinshasa, n’émet plus depuis mercredi soir. Après la diffusion de l’interview du député national de l’opposition, Roger Lumbala, sur le sujet de l’installation du bureau du chef de l’Etat au Palais du peuple, siège du Parlement, le signal de cette chaîne a été coupé, selon une source proche de cette télévision, rapporte radiookapi.net
Pendant que l’émission était diffusée, explique la source, le chef des opérations de l’ANR, Agence nationale de renseignement, à la tête d’une équipe d’hommes armés, a débarqué dans les installations. Ils ont confisqué le support de l’interview de Roger Lumbala. Ensuite, ils ont amené le directeur des programmes et le régisseur d’antennes en attendant que le journaliste Jules Mwamba qui avait réalisé l’interview, se présente à l’ANR. D’après cette même source, le téléphone du journaliste Jules Mwamba ne répond non plus depuis.

 Voilà l’article que l’on peut lire sur le site de la radio Okapi. Une information qui en rappelle bien d’autres du même genre. Il y a quelques semaines, Global Television a été victime d’une descente punitive du même genre. Pourquoi des faits comme celui-ci peuvent-ils se reproduire dans un pays de droit où existent des institutions devant veiller sur les personnes et leurs biens. 

La liberté de la presse, dit-on, est le thermomètre de la démocratie. Il n’est pas normal que les services de sécurité s’occupent des questions relatives à la liberté d’expression ou au délit de presse alors qu’il existe la police et les services judiciaires ! Ces faits sont plusieurs fois dénoncés mais ils se répètent toujours. Est-ce à dire que les services de sécurité sont au-dessus de la loi ? Dans ce cas, comment notre République réussira-t-elle à devenir réellement « démocratique » ? 

S’il y a des reproches qui doivent être faits à un média, il existe des canaux pour ce faire qui respectent les textes régissant

la République. Sinon, nous confirmons la thèse de ceux qui s’empressent trop vite de nous qualifier de « république bananière ». 

 

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CSAC : un renouveau pour la presse congolaise ?

Posté par mediatic le 17 novembre 2008

Les députés ont examiné et adopté, le mercredi 12 novembre, la proposition de loi portant composition, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de
la Communication. Cette loi, qui comporte 70 articles, note, dans son exposé des motifs, que le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) remplace
la Haute autorité des médias, instituée pour réguler l’espace médiatique pendant la période de transition post-dialogue inter congolais. 

Aux termes de l’article 212 de ce projet de loi, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication est chargé de garantir et d’assurer la liberté de la presse ainsi que tous les moyens de communication des masses dans le respect de la loi ; veiller au respect de la déontologie en matière d’information et de veiller à l’accès équitable des partis politiques, des associations et citoyens aux moyens officiels d’information et de communication. 

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication est composé de quinze membres formant l’Assemblée plénière dont cinq membres du bureau élus par leurs pairs et nommés par ordonnance présidentielle. Il comporte cinq organes: l’assemblée plénière, le bureau, les commissions, les services techniques spécialisés et les coordinations provinciales. 

Ainsi, la philosophie profonde que sous-tend cette loi est de donner à l’instance de régulation chargée d’assurer la neutralité et l’impartialité des médias publics et de veiller au professionnalisme des médias privés des prérogatives suffisantes pour augmenter sa capacité de dissuasion, son pouvoir de se faire obéir par les opérateurs des médias et sa capacité d’exécuter ou de faire exécuter ses décisions. 

Parmi les innovations que comporte cette loi, il y a la délivrance des autorisations d’émettre aux impétrants qui oeuvreront dans le secteur privé, la cogestion des fréquences radio et télévision avec le gouvernement ainsi que la proposition à la nomination des mandataires de l’Etat dans les entreprises de presse officielle. 

 

Une loi de plus? 

 

L’adoption de la loi sur le CSAC a de quoi réjouir aussi bien les professionnels des médias que les consommateurs, le commun des Congolais qui n’en peuvent plus face à la médiocrité de l’offre médiatique disponible actuellement. 

Les perspectives paraissent en effet très prometteuses. D’après le projet de loi, qui doit passer par le Sénat pour seconde lecture, le CSAC a aussi pour mission de « veiller à la conformité des productions des radios, des télévisions, de la presse écrite et des médias en ligne aux lois de
la République et à l’éthique »; « veiller au respect de la loi fixant les modalités de l’exercice de la liberté de presse; « veiller au développement économique et technique ainsi qu’à l’accès des médias congolais aux nouvelles technologies de l’information et de la communication »; « veiller à la qualité des productions du secteur tant public que privé »; « conseiller le gouvernement par des avis techniques a priori et/ou a posteriori sur toutes les matières concernant les médias audiovisuels », « s’assurer du respect du cahier des charges par les opérateurs de l’audiovisuel », « veiller à la diffusion dans les médias des cultures de la paix, de la démocratie, et des informations favorisant le développement socio-économique »; « oeuvrer pour la production des émissions, des programmes, des documentaires éducatifs et d’articles de Journaux qui respectent les valeurs humaines, notamment la dignité de la femme, de la jeunesse, des personnes âgées et celles défavorisées ou vivant avec handicap »
… La liste des missions est encore si longue et répond fidèlement aux attentes tant de fois formulées par les consommateurs et les professionnels des médias congolais. On croirait rêver. 

 

Leçons du passé 

  

Pour certains, cela paraît trop beau pour être vrai. En effet, il ne s’agit pas de la première loi adoptée en la matière. Il existe déjà la loi sur la presse de 1996 et dont on attend toujours les effets sur le fonctionnement de la presse en RDC. Comme ce nouveau projet de loi sur le CSAC, la loi de 1996 organise en de termes clairs l’exercice de la profession. Mais le bilan de ses douze ans d’existence est très peu reluisant. Et cela pour une simple raison. Ce n’est pas tant le texte qui fait défaut mais son application. Voilà douze ans, par exemple, que les acteurs du secteur évoluent comme si ce texte n’existait pas. L’aide publique à la presse n’a jamais été accordée aux entreprises du secteur. Celles-ci naissent, fonctionnent et même disparaissent dans l’ignorance totale des prescrits de la loi qui doit normalement les régir… 

Dès lors, une seule question mérite d’être posée : quelle garantie que cette nouvelle loi, après son adoption, sera effectivement appliquée ? Il revient aux législateurs d’y veiller, autant qu’aux instances de
la République chargées du respect des lois, aux professionnels des médias qui sont les bénéficiaires directs de cette loi et, au bout de la chaîne, au citoyen congolais de chaque jour qui est consommateur des médias et qui doit être conscient que la liberté de la presse est une des garanties de la survie de la démocratie en République Démocratique du Congo. 

 

 

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Un journal-école pour les étudiants journalistes de Kinshasa

Posté par mediatic le 11 novembre 2008

Signature protocole JDC C’est quoi un journal-école ? Cela peut se définir comme une publication dans laquelle prestent des étudiants en journalisme, dans des conditions professionnelles et qui est mise à la disposition du public. C’est donc ce journal-école dont la première édition a été lancée le mardi 11 novembre 2008 dans la salle Brel du Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Initié par l’Institut Panos-Paris/RDC, le projet -  dans son actuelle version – bénéficie du soutien de la coopération franco-britannique et sera exécuté par l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de
la Communication (IFASIC).

De quoi s’agit-il exactement ? De mettre en place un support écrit à travers lequel les étudiants en journalisme de l’IFASIC trouveront des conditions d’encadrement qui les préparent à leur vie professionnelle future. « Le journal-école a pour objectif, entre autres, de générer un bon vivier de jeunes journalistes de presse écrite capables d’être directement opérationnels dans les rédactions après leur sortie d’université », a expliqué Mme Aziza Bangwene, représentante de l’Institut Panos-Paris/RDC, à l’origine du projet.

« Ouf ! », seront tentés de dire nombre de lecteurs des journaux de Kinshasa qui ne savent plus vers quelle publication se tourner pour lire des articles de qualité. « En tout cas, de toute apparence, notre espace médiatique donne l’air d’avoir été converti en espace de libertinage. Des journaux sans siège, je suis tenté de dire ‘sans domicile fixe’, naissent un matin et disparaissent un soir. La presse est décriée par l’élite nationale », déplorait il y a quelques mois le ministre de
la Communication et Médias de l’époque, Emile Bongeli.

Il s’agit là d’une interpellation pour l’IFASIC, principale institution de formation des journalistes en RDC. Il est vrai que le journalisme est, dans ce pays, un métier ouvert et que bon nombre de professionnels l’exercent sans avoir de « formation appropriée ». Mais, il vaut mieux que ceux qui ont le diplôme adapté fassent la différence.

C’est le défi que le journal-école appelle l’IFASIC à relever.

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